Coronavirus : l’immunité de groupe est-elle un mirage ?

9 Juil 2020 - Carlito

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© Angelo Esslinger / whitesession – Pixabay

Dans la course à l’immunité au SARS-Cov-2, la ligne d’arrivée est encore bien loin. En début d’épidémie, beaucoup s’accrochaient à l’espoir que l’immunité développée par les malades suffirait à endiguer la propagation du virus, grâce à un mécanisme baptisé “immunité de groupe”. Le concept est simple : lorsqu’une majeure partie d’une population (75 à 90% selon les différentes sources) développe une immunité à un micro-organisme, elle sert de “bouclier” à la partie de la population non-immunisée. Mais plus les recherches avancent, et plus il semble évident qu’aucune immunité de groupe ne sera atteinte, tout du moins pas en l’absence d’un éventuel vaccin. C’est en tout cas l’hypothèse que vient corroborer une étude espagnole massive parue dans The Lancet, et réalisée sur plus de 60.000 personnes.

D’après les chercheurs à l’origine de l’étude, la prévalence de la maladie ne serait pas suffisante pour espérer cette issue, car l’immunité ne durerait que très rarement plus de quelques semaines. En définitive, cela signifie que seule une très faible partie de la population serait immunisée à un instant t. “Dans cette situation, la distanciation sociale et l’effort pour identifier et isoler les nouveaux cas et leurs contacts sont impératifs pour le contrôle de l’épidémie dans le futur”, explique l’équipe de recherche.

L’article du Lancet précise également que les résultats de cette étude font écho à ceux de même nature réalisés en Chine et aux États-Unis, et renforcent l’idée que les particules virales génèrent au mieux une immunité à relativement court terme, un peu comme le rhume. Cela imposera d’adapter notre future stratégie vaccinale pour provoquer une immunité assez longue et tenace pour être efficace en pratique, car en l’absence d’immunité de groupe d’origine naturelle, une campagne de vaccination de qualité et à grande échelle apparaît comme la seule façon d’endiguer la pandémie. Il faudra donc attendre patiemment l’aboutissement des nombreux essais cliniques en cours, et ne plus se raccrocher à l’espoir d’une immunité de groupe providentielle qui arriverait de nulle part.