Des millions de moustiques génétiquement modifiés seront lâchés en Floride

21 Août 2020 - Carlito

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Crédits : ekamelev / Pixabay.

Bientôt, la population de moustiques aux États-Unis va augmenter drastiquement … pour des raisons de santé publique. Cette année, plusieurs cas de dengue ont été recensés dans l’archipel des Keys en Floride. Cette maladie est véhiculée par Aedes aegypti, une espèce de moustique connue pour être aussi vectrice de la fièvre jaune et du virus Zika. Pour combattre cette épidémie locale, l’Association de contrôle des populations de moustique des îles Keys a fait appel à une société biotechnologique britannique, Oxitec. Sa solution pour réduire les populations de moustique en Floride sans utiliser d’insecticides (auxquels certains moustiques sont aujourd’hui résistants) vient d’être approuvée : lâcher plusieurs centaines de millions de moustiques mâles génétiquement modifiés dans l’archipel.

Des moustiques OGM, tueurs de moustique ?

Si, sur le papier, l’idée fait peur, son objectif est louable. Les moustiques mâles OGM sont dotés d’un gène produisant de la tétracyline (une protéine généralement utilisée comme antibiotique), qui accapare les mécanismes de transcription génétique dont un organisme a besoin pour se développer. « En sur-produisant la protéine en question, les cellules de l’insecte n’ont plus la capacité de produire les autres protéines, essentielles à son développement », souligne Oxitec dans un communiqué. Ce gène « auto-limitant » ne s’exprimerait que chez les femelles moustiques, qui sont les seules à sucer le sang nécessaire à la ponte des œufs. Les mâles moustiques, qui se nourrissent de nectar, ne servent qu’à la reproduction. Une fois les femelles sauvages et les mâles OGM accouplés, « la progéniture femelle meurt et la progéniture mâle survit, conserve une copie du gène ‘auto-limitant’ et la transmet aux futures femelles qui ne pourront alors pas se développer jusqu’à l’âge adulte ». D’après Oxitec, un premier essai concluant a été réalisé dans la ville d’Indaiatuba au Brésil. Une réduction de 95% de la population d’Aedes aegypti avait été obtenue localement en seulement 13 semaines de libération constante de moustiques mâles OGM.

#Oxitec Announces Landmark @FlKeysMosquito
Approval of #FloridaKeys Pilot Project to Combat #Mosquito that Transmits #Dengue, #Zika.
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Press release: https://t.co/dIduMRll8V
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— Oxitec Ltd (@Oxitec) August 19, 2020

La peur des OGM

Malgré tout, les Floridiens se disent inquiets de cette libération de 50 millions de moustiques OGM par semaine, au cours de l’année, en 2021 et en 2022. Une pétition (relayée par CNEWS), appelant l’Agence américaine de protection de l’environnement à contrecarrer le projet, approche des 235 000 signatures. Selon elle, les moustiques OGM d’Oxitec posent un danger pour la faune et les populations locales car ils seraient « créés à partir de bactéries E. coli, du virus de l’herpès et d’autres ingrédients » – malgré l’absence de ces éléments dans la technologie présentée par Oxitec. La société britannique assure, de plus, que « les protéines des gènes introduits dans les insectes modifiés ne produisent aucune toxine ou allergène et ne posent donc aucun problème environnemental. »