Le cinéma français dévoile sa proposition sur la nouvelle chronologie des médias

8 Avr 2021 - Carlito

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Crédits : Denise Jans on Unsplash

Jugée vieillissante et peu adaptée au marché du cinéma, la chronologie des médias fera l’objet d’une révision dans les prochains mois. En chantier depuis plusieurs années, ce nouveau calendrier se précise, alors que le cinéma français vient de rendre sa proposition. Les différents organismes avaient jusqu’au 31 mars pour rendre un avis sur la question, avant le lancement des discussions sous la houlette du CNC. Le but pour le Centre National du Cinéma et de l’image animée est bien évidemment de prendre en compte l’émergence des nouvelles plateformes comme Netflix ou encore Amazon Prime Video.

Pour rappel, la chronologie des médias définit les délais de diffusion entre les différents supports dans le but de préserver la diffusion en salle. Un film projeté en salle devra attendre environ 3 mois avant d’être vendu en DVD ou VOD. Ensuite, les chaînes de télévision payantes ayant signé un accord avec les organisations du cinéma (comme Canal+ et OCS) pourront diffuser les films sortis en salle au bout de 8 mois. Viennent ensuite les chaînes gratuites investissant 3,2 % de leur chiffre d’affaires dans la création comme TF1 et M6 (22e mois) et enfin les plateformes par abonnement “non-vertueuses” comme Netflix, Disney+ ou Amazon Prime Video qui peuvent quant à elles rendre disponibles les films au bout du 36e mois. C’est cette chronologie des médias qui empêche par exemple Disney+ de diffuser le dernier Avengers.

Dans un communiqué publié le 6 avril, les organisations françaises comme le BLIC (Bureau de Liaison des Industries Cinématographiques), le BLOC (Bureau de Liaison des Organisations du Cinéma) et l’ARP (Société civile des Auteurs, Réalisateurs et Producteurs), dévoilent leur proposition quant à la révision de la chronologie des médias. Baptisée “scénario BBA”, elle servira de base de réflexion aux discussions qui seront menées par le CNC dans les prochains mois. La proposition tend à simplifier la chronologie actuelle “avec un démarrage des diffusions audiovisuelles six mois après la sortie en salle” rapporte Box Office Pro. Ainsi, les chaînes payantes comme Canal+ ou les plateformes dites “Ultra payante” ayant pris des engagements forts pour soutenir la création, gagneront deux mois. Les plateformes payantes, qui soutiennent le cinéma français, pourront quant à elles, bénéficier d’une fenêtre intermédiaire de 12 mois.

Soutenir la création tout en prenant en compte les plateformes SVOD

Victor Hadida, président du BLIC précise :“cette proposition repose sur le principe fondamental d’une préférence accordée aux diffuseurs signataires d’un accord vertueux interprofessionnel avec le cinéma. Ce prérequis, pour bénéficier d’une fenêtre d’exclusivité plus avancée, permet de privilégier les acteurs allouant une place de choix au cinéma dans leurs programmes, et d’accueillir de façon vertueuse les nouveaux entrants tout en confortant la place des acteurs historiques”. Ainsi, Netflix et ses consorts pourront profiter de délais plus réduits s’ils concèdent à investir une partie de leur capital dans le financement du 7e art.

Reste désormais à voir si les propositions du cinéma français seront retenues à la signature de l’accord définitif. La nouvelle chronologie des médias doit être votée au plus tard en juillet 2021.


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Le cinéma français dévoile sa proposition sur la nouvelle chronologie des médias