Une adepte du mouvement complotiste QAnon élue au Congrès américain

4 Nov 2020 - Carlito

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Crédits : David_Peterson / Pixabay.

Aux États-Unis, en parallèle de l’élection présidentielle se jouent aussi les élections générales de la Chambre des représentants (l’équivalent de l’Assemblée nationale en France) et d’un tiers du Sénat. Plusieurs personnalités politiques savent ainsi déjà si elles finiront députées ou sénatrices au Congrès. Or l »une d’entre elles, Marjorie Taylor Greene, nouvelle députée républicaine du 14ème district de l’État de Géorgie (sans opposition suite au désistement de son adversaire démocrate), avait relayé des positions du mouvement conspirationniste né sur les réseaux sociaux, QAnon. Comme le souligne Gizmodo, Marjorie Taylor Greene s’est plusieurs fois illustrée à travers des discours d’extrême droite par le passé. Elle aurait même menacé des « terroristes Antifa » d’une mitraillette dans une publicité de campagne, finalement supprimée par Facebook en juin. Surtout, selon le média américain, elle serait désormais la première représentante politique américaine à avoir soutenu ouvertement la théorie complotiste QAnon – notamment sur le blog pro-Trump, American Truth Seekers, l’an dernier.

La théorie conspirationniste 2.0 ultime ?

Pour rappel, QAnon est une théorie du complot, provenant de messages postés anonymement par un certain Q (reprenant le qualificatif désignant un haut-fonctionnaire du ministère américain de l’Énergie) sur le forum 4Chan. L’hypothèse soutenue par QAnon est qu’il existerait un « État profond » qui contrôlerait réellement les États-Unis (et donc, évidemment, le monde). Selon cette théorie du complot,

Selon les discours haineux et parfois antisémites des nombreux partisans QAnon, ces puissants seraient impliqués dans des réseaux pédophiles internationaux à la manière de la fausse affaire « Pizzagate », qui accusait des politiciens démocrates de diriger un réseau de prostitution infantile à partir d’une pizzeria. Selon cette même théorie du complot délirante, Donald Trump serait le seul à tenter de de combattre les agissements souterrains de ces soi-disant puissants maintentionnés.

Comme le souligne France Info, la nouvelle « congresswoman » de Géorgie avait notamment déclaré, en 2017 : « c’est l’occasion d’une vie d’éliminer cette cabale mondiale de pédophiles satanistes, et je pense que nous avons le président qu’il faut pour cela. » Depuis sa victoire électorale, Marjorie Taylor Greene se serait néanmoins éloignée de la mouvance QAnon, refusant d’être identifiée publiquement comme « candidate QAnon. »

Un fléau sur les réseaux sociaux ?

Depuis plusieurs mois, Twitter comme Facebook tentent de supprimer les comptes et publications faisant la promotion de cette mouvance riche en « fake news » et en discours d’incitation à la haine et à la violence. Au début du mois d’octobre, Facebook avait déclaré avoir déjà supprimé « plus de 1500 pages et groupes liés au mouvement QAnon contenant des discussions sur des violences potentielles et plus de 6500 pages et groupes liés à plus de 300 mouvements armés » de ses plateformes depuis le mois d’août 2020. Twitter, quant à lui, avait déjà banni banni plus de 7 000 comptes en juillet dernier. « Nous avions été clair sur notre volonté d’agir fortement contre des comportements qui peuvent potentiellement mener à de la violence hors-ligne » s’était alors justifié le compte officiel Twitter Safety, chargé du respect des consignes de bonne conduite sur le réseau social.

Une adepte du mouvement complotiste QAnon élue au Congrès américain